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20e anniversaire du jumelage Souillac, France/Souillac, Maurice - Jean-Claude Trippier : «Un bilan positif et riche en amitié et solidarité»
Echanges Maurice/Zambie - Burwing revient grandi de la terre zambienne
Droit de retour aux Chagos - Les autorités britanniques font appel
Agalega - Doléances... Doléances... Doléances
Opinion - Bientôt un quart de siècle à l'école St-François-Xavier
Tribune - Pour un Trust Fund for Slave Descent
Admission en Std I - La longue attente...
Alain Doulub, secrétaire de la RCEA - «Les personnes sont-elles à la recherche d'une école catholique ou d'une école qui donne de bons résultats ?»
Loreto College Bambous-Virieux - La musique pour une bonne cause
Olivier Saint-Paul - La force tranquille au service des autres


20e anniversaire du jumelage Souillac, France/Souillac, Maurice

Jean-Claude Trippier : «Un bilan positif et riche en amitié et solidarité»

L'amitié entre Souillacois (habitants de Souillac, Maurice) et Souillagais (habitants de Souillac, France) fête cette année ses vingt ans. Deux villages qui pavoiseront incessamment aux couleurs du quadricolore et du tricolore, nous confie Jean-Claude Trippier, président de l'Association Souillac, France/Souillac, Maurice.

Comment se prépare la célébration du

20e anniversaire du jumelage entre Souillac (France) et Souillac (Maurice) ?

D'abord, je dois dire que c'est, à mon avis, le jumelage qui a le plus tenu la route. Nous comptons, entre autres, marquer l'événement par l'érection d'un buste du vicomte de Souillac, celui-là même qui a beaucoup œuvré pour le développement de Souillac et la région. Et nous sommes heureux d'annoncer que le projet va aboutir plus tôt que prévu : fin juillet au lieu de septembre prochain. La conception de ce buste a bénéficié du soutien financier de l'ambassade de France à Maurice ; il sera placé à proximité du batelage. Ce dévoilement sera l'occasion pour Souillac, Maurice, de pavoiser aux couleurs du quadricolore et du tricolore.

Autrement, il y aura chez nous d'autres activités pour sensibiliser à l'amitié entre Souillacois et Souillagais, notamment par le biais de concours littéraires et de chants.

L'anniversaire sera aussi fêté en France. Au programme : concert de cuivres, animation dans les rues par un défilé mauricien, vente de produits mauriciens, bal...

Quel bilan de ces vingt années de collaboration entre les deux localités ?

Un bilan positif et riche en amitié et solidarité ! Les Souillacois ont beaucoup bénéficié de la générosité des Souillagais, qui ont grandement soutenu le développement des clubs sportifs, de la paroisse, des structures socioculturelles, d'un environnement propre...

Pour ce 20e anniversaire, les Souillagais ont voulu aller plus loin en parrainant une trentaine d'élèves défavorisés fréquentant les écoles primaires de Souillac. Et ce, en termes de soutien alimentaire, de soutien moral... Les parrains sont venus à Maurice en février dernier, ils ont apprécié ce qui est en cours et je pense que ce projet a un bel avenir.

Ce très étroit lien entre nos deux villages a aussi permis à des jeunes qui aiment la cuisine de profiter d'un perfectionnement au Lycée polytechnique de Souillac, France. C'est une formation gratuite qui offre la perspective d'être chef-cuisinier.

Toutefois, il faut reconnaître qu'au cours de ces vingt ans, les Souillagais sont matériellement plus généreux que nous. D'où notre ferme volonté de dévoiler ce buste qui rend honneur à un des leurs, le vicomte de Souillac, un grand homme de Souillac, France.

Comment faire pour que la jeune génération se sente partie-prenante de ce jumelage ?

Nous travaillons au recrutement de nouveaux membres. De même, nous encourageons l'amitié, à travers la correspondance électronique, entre les jeunes des deux villages. Garder l'amitié vivante et dans la durée est certes une de nos préoccupations.

C'était d'ailleurs la raison d'être derrière ce jumelage...

Certainement. Ce jumelage est l'histoire d'une rencontre, d'une amitié entre deux hommes: le Mauricien Armand Maudave et Alain de Chastagnol, alors maire de Souillac, France. Ils ont longtemps évoqué ce projet, qui a finalement pu se concrétiser en 1987. Avec comme objectifs : consolider l'amitié, favoriser les échanges et s'encourager mutuellement dans les projets de développement intégral.

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Enfant

Echanges Maurice/Zambie

Burwing revient grandi de la terre zambienne


Naissance d'une grande amitié entre Burwing et son nouvel ami sudafricain.

Un sourire illumine le visage de Burwing Caëtan, élève de Form V au collège Père-Laval, Sainte-Croix, quand on lui parle de la Zambie. Ses poèmes, évoquant les divers fléaux de l'île Maurice, lui ont ouvert les horizons sur cette terre d'Afrique. Expérience fort positive à plus d'un titre.

Cela a été une chance inouïe pour Burwing quand il apprend qu'il s'est classé parmi les six élèves mauriciens sélectionnés par le British Council en mars dernier pour un échange culturel en Zambie, du 28 avril au 5 mai derniers. Quarante participants de cinq pays - la Zambie, l'Afrique du Sud, l'Angleterre, le Zimbabwe et l'île Maurice ­ ont participé à divers ateliers artistiques. Ils étaient tous âgés entre 13 et 21 ans. De fructueux échanges ont été au centre des rencontres.

Faisant son baptême de l'air, ce voyage en terre africaine était plus qu'excitant pour Burwing. De plus, il n'avait aucun souci à se faire : en plus des démarches du British Council, tout était également pris en charge : billets d'avion, hôtel et argent de poche, entre autres. Quand Burwing foule le sol zambien, il ne croyait pas un seul instant que c'était du réel.

Conte de fées

Poussé à envoyer sa candidature par la rectrice de son collège, Marie-Claire Monty, Burwing se croyait presque dans un conte de fée quand il apprend avoir été sélectionné. C'était plus qu'un rêve. Mais, sa rectrice misait beaucoup sur lui. Elle maintient qu'elle croyait fermement que Burwing avait tout le potentiel pour aller loin. Ce dernier l'entend encore lui dire : «Boy, believe in yourself!» Et elle n'avait pas tort.

La grande fête

A l'International Continental Lusaka Hotel, au centre de Lusaka, la capitale, c'est la grande fête. Au programme : poésie, pièces de théâtre, danses et chants. Tour à tour, Burwing a eu la chance d'apprécier les belles danses sud-africaines; une pièce de théâtre remémorant les ancêtres zimbabwéens; une autre pièce de théâtre de la part des Anglais évoquant le racisme et le mal qui en découle; une poésie évoquant la maltraitance des enfants, ceux non-scolarisés et les enfants sans avenir. Outre de partager ses poèmes, Burwing et ses amis mauriciens ont initié les autres au séga et les ont invités à chanter en créole. C'était aussi l'occasion pour chacun de parler de sa terre d'origine et de ce qui compose sa richesse culturelle.


Chaleur dense autour des danses africaines.
Cette semaine pas comme les autres passée en Zambie a surtout permis à Burwing de voir la vie autrement. Adieu les préjugés. Là-bas, il a appris à connaître d'abord une personne avant de se faire des idées. De plus, il a eu l'occasion de rencontrer et de mieux faire connaissance avec des enfants de rue et des orphelins de parents victimes du sida. Burwing s'est dit très touché jusqu'au point d'avoir eu un regard empathique sur toutes ces souffrances qu'il a découvertes pour la première fois de sa vie. «Ils ont chanté, ils ont pleuré et nous ont raconté leur vie, leurs peines et comment ils grandissent sans leurs familles... Je n'ai pu rester insensible devant cette grande misère.»

Il se dit également émerveillé de la faune zambienne. Il n'en croyait pas ses yeux lorsqu'il voyait défiler devant lui plusieurs bêtes sauvages - éléphants, lions, girafes et zèbres. De plus, il se dit surpris devant les nombreuses églises du pays. «En plus, elles sont grandes.» Burwing se dit aussi impressionné par l'hospitalité et la simplicité des Zambiens.

Comme ses amis, Burwing est retourné sur sa terre natale avec un agenda bien rempli. Désormais, il a tout plein d'amis de par le monde. Son vocabulaire s'est enrichi. Il a appris quelques mots des diverses langues qu'il a côtoyées. Et par dessus tout, il reconnaît qu'il a pu se défendre en anglais. «Je me sens plus confiant dans mes études pour la langue anglaise, car j'ai pu au moins me débrouiller seul.»

Entre-temps, Burwing trépigne d'impatience de revoir ses amis.

Sandra Potié





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Droit de retour aux Chagos

Les autorités britanniques font appel

Le Foreign Office a annoncé son intention de faire appel, suite au jugement du 23 mai dernier, réitérant le droit de retour des Chagossiens sur leur terre natale. Ce qui implique le fait qu'Olivier Bancoult et le Groupe réfugiés Chagos (GRC) devront reprendre leur bâton de pèlerin pour contrer, à nouveau, légalement les autorités sur ce qu'ils considèrent être un droit inaliénable.

Par ailleurs, dans l'édition du Guardian de dimanche dernier, de nombreux signataires (UK Chagos Support Association, le Minority Rights Group International, Richard Gifford, avocat des Chagossiens, David Snoxell, ancien haut-commissaire britannique à Maurice et des membres du Parlement britannique...) applaudissent la proposition de Gordon Brown de revoir l'utilisation de la prérogative royale et garde espoir qu'il ne laissera par les avocats du gouvernement miner ce projet.

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Agalega

Doléances... Doléances... Doléances

Les ouvriers affectés au débarquement du MV Mauritius Pride ont fait parvenir une pétition où ils contestent la véracité du tonnage avancé par la direction de l'île. Tonnage qui n'est pas sans effet bien évidemment sur leurs salaires.

«Depuis 2003, l'Association des amis d'Agalega (AMA) a demandé que le tonnage soit affiché, explique Laval Soopramanien. Les autorités y ont toujours fait la sourde oreille. Récemment, la direction a avancé les chiffres de 288 tonnes alors qu'une demande auprès de la Mauritius Shipping Corporation faisait état de 414 tonnes. Que devons-nous penser de cette différence de chiffres?»

Outre la presse, la pétition en question a aussi été adressée à l'Outer Island Development Corporation (OIDC) et aux membres du comité de soutien à Agalega : le père Jean-Maurice Labour, responsable d'Agalega au sein du diocèse de Port-Louis ; Jack Bizlall, syndicaliste ; et Me Dev Ramano, avocat. Elle dénonce aussi les «warnings» répétés à l'encontre de Régis Mootoo, perçu par les autorités comme le meneur de cette fronde.

«A l'AMA, nous sommes heureux de voir que les Agaléens ont été nombreux à prendre position et à élever la voix contre les injustices à leur égard, analyse son président, Laval Soopramanien. Les jeunes, qui ont fait leurs études à Maurice et qui sont retournés sur leur île natale, sont tout aussi critiques ; ils sont nombreux à être présentement sans emploi. La compagnie, qui a récolté des barbaras, a fermé temporairement à cause de l'hiver. L'avenir leur semble bouché.»

L'AMA se réunit ce dimanche 1er juillet pour dégager une stratégie de travail par rapport à tous ces problèmes. «Mo kroir nou pou bizin bouz enn bon ko-la. Lane ale, lane vini, sityation touzour parey», conclut notre interlocuteur.

La communauté agaléenne à l'évêque : Collaboration acquise pour l'avancement de l'Église

Dans un message à Mgr Maurice E. Piat, le noyau de la communauté chrétienne d'Agalega lui assure de sa «collaboration pour l'avancement de l'Église». Il remercie aussi l'évêque pour sa dernière Lettre pastorale. Il explique que la communauté agaléenne a «pris conscience de la crise que traversent à la fois l'Église et le pays» et assure les Mauriciens et les chrétiens de leur solidarité. Le noyau relate aussi le partage autour de la Lettre pastorale, au sein des familles, chaque mercredi du dernier carême. Un partage qui amène désormais les Agaléens à «vivre à fond leur baptême», à témoigner de l'amour dans leur environnement immédiat, à s'engager à écouter la Parole et à y répondre positivement et à se mettre au service des uns et des autres.

Il réitère aussi sa foi dans la collaboration prêtre/religieux/religieuses/laïcs. Une collaboration dont les signes d'espérance seront : davantage d'engagement de la part des chrétiens à préparer et à participer aux célébrations dominicales; le partage fraternel et la prière régulière au sein des familles ; la coresponsabilité, des célébrations vivantes et priantes...

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Opinion

Bientôt un quart de siècle à l'école St-François-Xavier

Notre hebdomadaire commémorera, cette année, son premier quart de siècle de cohabitation avec l'école diocésaine Saint-François-Xavier, à la rue Périmbé, Port-Louis. A la mi-juin1982, l'Imprimerie Père-Laval et la rédaction de La Vie Catholique annoncent, en effet, qu'ils traverseront bientôt la route Nicolay, pour occuper en partie cet établissement scolaire, ne comptant, à l'époque, que 89 élèves. Auparavant, elles occupaient une partie des locaux de l'Orphelinat Père-Laval, en face des Forges Tardieu.

Ce transfert est dû à l'expansion du Foyer Père-Laval qui compte, alors, une quarantaine d'internes. L'école se contentera d'une douzaine de classes auxquelles s'ajouteront le bureau de la directrice, la salle des instituteurs, le magasin, la cantine. Un mur séparera la cour de récréation des écoliers et le parking de l'Imprimerie Père-Laval/La Vie Catholique. Le Foyer Père-Laval pourra alors se doter de nouveaux ateliers et parfaire ainsi la formation professionnelle de ses stagiaires.

«Mémoire Miroir»

Dans son livre Mémoire Miroir, qu'on relit toujours avec un plaisir renouvelé, Monique Dinan situe ce transfert de siège social entre le jubilé d'or de La Vie Catholique, célébré en février 1980, et l'installation d'une presse offset pour imprimer notre hebdomadaire. Elle salue, à cet effet, l'initiative prise par le directeur d'alors de l'Imprimerie Père-Laval, Karl Offmann, futur ministre et futur président de la République. La Vie Catholique ne manquera pas, en juin 1982, de saluer sa récente élection comme député de Vacoas/Floréal (No 16).

Karl Offmann n'est d'ailleurs pas le seul député et ministre à avoir participé au bon fonctionnement de La Vie Catholique, puisque notre hebdomadaire a compté au sein de sa rédaction, dans les années 1970, Sylvio Michel, futur ministre des Sports, des Administrations régionales, du Logement, des Terres, de la Pêche, tout comme d'autres journalistes s'illustrant présentement au sein d'autres rédactions, à l'instar de Noël Koowaree, rédacteur en chef de Business Magazine, Jean-Marc Poché (Le Mauricien), de Françoise Yaw Kan Tong et Conchiano Mootoosamy (Aurore).

Imprimerie

Pendant longtemps, La Vie Catholique a occupé une partie des locaux de l'Union catholique, à l'angle des rues Pope-Hennessy et Lislet-Geoffroy, (emplacement actuellement occupé par les cours Intermédiaire et Criminelle). Une partie de sa rédaction a aussi travaillé dans une partie des locaux du Centre Misereor et des Ecoles ménagères, à la rue d'Estaing. A la mi-juin 1975, Imprimerie Père-Laval et Vie Catholique quittent le centre de Port-Louis pour s'installer à l'Orphelinat Père-Laval.

La Vie Catholique succède, en février 1930, à l'hebdomadaire L'Action Catholique, dirigé par Loïs Lagesse, futur directeur de l'Ecole des aveugles. Jusqu'en février 1978, l'Imprimerie coopérative Père-Laval, fondée par Edwin de Robillard, imprime notre hebdomadaire. Cette coopérative devient compagnie et Imprimerie Père-Laval en mars 1978. A partir de 1999, La Vie Catholique s'imprime d'abord chez Le Mauricien puis à La Sentinelle Ltée, à Riche-Terre.

Raison d'être

Le quart de siècle passé à l'école Saint-Fançois-Xavier nous fournira l'occasion de rendre grâce à tous ceux et celles qui se sont dévoués à consolider les assises de La Vie Catholique au sein de la presse mauricienne et du diocèse de Port Louis. Nous pensons plus particulièrement à François de Langavant, son premier directeur et futur évêque de Saint-Denis-de-La-Réunion ; à Tonton Pierre Pichon ; à Jean-Marie Pivault, le biographe du Père Laval ; à Edwin de Robillard; à Roger Dussercle ; à Maurice Merven ; à Eugène Dethise ; à France Boyer de la Giroday ; à Fernand Pannel, pour ne mentionner que ceux qui ne sont plus.

Un quart de siècle s'écoulera bientôt depuis l'installation de La Vie Catholique à l'école Saint-François-Xavier, mais le message d'encouragement de Mgr Jean Margéot, prononcé à l'occasion du jubilé d'or de notre hebdomadaire, conserve toute son acuité : «La presse catholique n'a de raison d'être que si elle proclame le message évangélique... non pas dans l'abstraction théologique... mais dans son incidence sur les faits d'actualité... La fonction du journaliste catholique est donc d'éveiller la conscience chrétienne à propos d'un événement et sur toute l'actualité.» Il précise toutefois qu'on n'achète pas un journal «pour sauver son âme, mais pour s'informer». Il insiste sur la double mission de toute presse catholique : «Présenter le monde à l'Eglise et l'Eglise au monde.» Il s'appesantit sur ce point : «Je vous invite à informer vos lecteurs de l'intensité de la vie de notre Eglise qu'ils ne soupçonnent peut-être pas. Ceux, qui connaissent cette richesse, aiment la retrouver exprimée chaque semaine.» Il rappelle que le Christ invite particulièrement les journalistes à être «sel de la terre» et «lumière du monde».

Yvan Martial

A Benjamin Moutou

M. Benjamin Moutou de LUC se répète sans répondre à ma question fondamentale : qu'est-ce qui le gêne autant à appeler l'organisation qu'il préside «Union Créole» plutôt que «Union Chrétienne». Cela m'évite d'avoir à lui répondre, en pure perte d'ailleurs. On pourrait s'étonner des quatre communautés distinctes de Trustam Eve qui se révèlent cinq ou encore des «différentiations qui séparent la communauté chrétienne». Comprenne qui pourra ! Qu'on me permette seulement de préciser que je n'ai jamais prétendu à l'infaillibilité qu'il m'attribue généreusement, que je n'ai pas de maîtres anglais et que, par conséquent, je n'éprouve aucun scrupule à «insulter leur intelligence». Le colonialisme n'est plus, M. Moutou. Vive l'île Maurice indépendante !



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Tribune

Pour un Trust Fund for Slave Descent

«Il y a des responsabilités historiques qu'il faut oser regarder en face pour en tirer en toute transparence les enseignements qui s'imposent »

F.Wurtz.

A l'heure où partout dans le monde les gouvernements, toutes tendances politiques confondues, appellent au développement du potentiel humain et à des réformes sociales visant une «mobilité ascendante de la population», nous n'avons aucun droit à Maurice de rester à la marge du monde, en excluant une partie de notre population de cette mouvance.

L'Inde, dont le capital humain, éduqué et qualifié, constitue aujourd'hui un vivier de compétences dans lequel viennent puiser les grandes entreprises internationales, ayant pris la mesure de cette réalité, brise ses «tabous» pour donner force et vigueur à cette exigence universelle. Le gouvernement indien s'engage aujourd'hui politiquement, non sans prendre de risques, à augmenter son «réservoir du savoir» en intégrant dans ce processus des centaines de millions d'Indiens appartenant aux «basses castes» (les dalits, les intouchables) que le système millénaire de castes aurait autrement exclues.

L'histoire de Maurice nous apprend que la société mauricienne, fondée sur l'esclavagisme et son sous-produit «le racisme», a donné naissance, avant l'immigration indienne, à une famille de castes : blancs, métisses, mulâtres et noirs (esclaves d'origine africaine). Au bas de cette échelle de couleurs se trouvait la caste «d'esclaves noirs», exclue de la vie sociale par rapport au statut «d'objet-meuble» de l'esclave.

On retient aussi de l'histoire que ces «esclaves noirs» devaient être victimes d'une deuxième vague d'exclusion ou d'expulsion quand des immigrants indiens vinrent les remplacer dans les plantations. Ce changement, selon Auguste Toussaint, fut terrible vu «l'indifférence totale témoignée au sort des quelque (sic) 70 000 esclaves libérés en 1835 ... Rien ne fut fait pour les aider tant sur le plan matériel que moral».

Précarité

Aujourd'hui, représentant environ 20% de la population, les descendants d'esclaves vivent dans les conditions matérielles précaires. Ils sont parmi les plus démunis, les plus pauvres, les plus discriminés, les moins éduqués. Ils sont exclus, ou presque, de tous les domaines de la vie : l'emploi, l'éducation, le social. Culturellement anéantis, demeurés trop longtemps sans repères et sans apprentissage, ayant presque tout perdu ou oublié des traditions ancestrales, ils arrivent difficilement à se construire une identité ­ «cette réalité fixe», nous rappelle Alain Finkielkraut ­ tout en affirmant pleinement leur «mauricianisme». Ils s'inventent une langue, une culture (kiltir kréol). Ils veulent se constituer, s'organiser, faire entendre leur «voix», quelques fois maladroitement, alors que c'est peut-être une «voie», une orientation, une piste qu'ils recherchent.

L'État mauricien saurait-il s'engager politiquement, à l'exemple du gouvernement de la Grande-Péninsule, en faveur des descendants d'esclaves ? Et les autres partenaires sociaux, intimement associés à l'esclavage, notamment le secteur privé (l'industrie sucrière) et l'Église, s'engageraient-ils également ? Sans prétendre avancer les meilleures propositions, puissent les suggestions faites à partir des quatre postulats ci-dessous, servir de base à des prises de conscience et déboucher sur des engagements fermes dans l'action :

1. L'esclavage doit être inscrit dans le contexte social et économique et la mentalité de l'époque. Il a joué un rôle essentiel dans la construction et le peuplement des colonies. La Traite était considérée alors comme un trafic nécessaire et honorable. «Sans nègres, point de colonies», disait-on à l'époque

2. C'est sous le couvert de la religion au XVIe siècle que furent préconisés la traite et l'esclavage et que l'Eglise en fournit l'accompagnement moral nécessaire aux esclavagistes et aux négriers.

3. Les esclaves d'origine africaine furent l'instrument de production indispensable de l'économie des plantations depuis le peuplement de l'île. Ils contribuèrent au développement du pays, à la prospérité de l'industrie sucrière, à la fortune et aussi à la bonne fortune des colons.

4. Les esclaves quittèrent les plantations avec l'arrivée en masse des Indiens «engagés» de l'Inde, après une période de plus de cent cinquante ans, sans compensation, sans secours et sans aucune aide. Les maîtres en revanche en furent dédommagés.

Séquelles de l'esclavage

Depuis plusieurs années, partout dans le monde, les descendants d'esclaves luttent afin de vaincre les séquelles de l'esclavage, parfois encore exsangues ou refoulées dans leurs soubassements psychiques ­ véritables ralentisseurs à leur mobilisation et à leur intégration dans la société. Ils veulent être des citoyens à part entière, plus utiles à la société et améliorer leurs conditions de vie. Cette lutte, lente et pénible, pourrait connaître une accélération aujourd'hui grâce à la société internationale qui se mobilise pour leur cause.

Désormais, la question de réparation des séquelles de l'esclavage n'est plus une affaire interne. Elle est devenue un objet de la coopération internationale. Pour donner cours à cette mobilisation de solidarité qui se dessine dans le monde, des encadrements juridiques se mettent en place. La Traite et l'esclavage ont tous deux été condamnés en 2002 comme crime contre l'humanité. La Cour pénale internationale, adoptée à Rome en 1998, en action depuis le 1er juillet 2002, reconnaît notamment, que «la réduction en esclavage est un crime contre l'humanité» et prévoit «des réparations, y compris sous forme de restitution, indemnisation et réhabilitation et des compensations légales pour des crimes commis dans le passé, même lointain, et qui ont profité aux accusés....et la création de fonds au profit des victimes».

Compte tenu de cette dimension nouvelle, il serait souhaitable que les partenaires sociaux à Maurice s'engagent dans un vrai débat, sans faux-fuyants, avec l'honnêteté intellectuelle nécessaire, et discutent des remèdes à y apporter aussi bien que des stratégies de réparation. La bottom line est de leur offrir les moyens et la possibilité de rebondir et d'intégrer pleinement la société du Savoir qui est en marche.

Effets néfastes

La gestion et la philosophie d'entreprises esclavagistes donnèrent naissance à des méthodologies de travail bien particulières, préférant la pioche de l'esclave à la charrue, conférant le monopole du savoir et du pouvoir aux seuls «maîtres». Le pouvoir «absolu» dont possédaient ces derniers sur les esclaves les corrompit «absolument», aurait observé Lord Acton. Cet abus du travail servile fut nul doute aussi la cause de «la stagnation des procédés agricoles et industriels», comme le souligne Karl Noël, et les «maîtres» penseurs en panne d'idée, semble-t-il, concentrèrent tout leur savoir et toutes les énergies disponibles, au profit du développement de la «seule» industrie sucrière. Est-il nécessaire de se rappeler qu'au moment de l'indépendance en 1968, toute l'économie du pays reposait sur une seule culture, une seule industrie (à bout de souffle) : le sucre. La chance de Maurice, c'est qu'avec l'indépendance, grâce à l'aide financière obtenue des banques internationales, grâce au soutien du gouvernement, qui apporta un autre savoir-faire à l'industrie sucrière, celle-ci sut rebondir avec panache. L'économie s'est depuis diversifiée. Le pays prospère, malgré ses pauvres et ses exclus, mais elle doit faire face aujourd'hui à un nouveau défi : la conquête du Savoir. La société dans son ensemble a le devoir de mobiliser toutes les ressources disponibles. C'est aussi dans cette perspective que s'inscrit la création d'un fonds de solidarité en faveur des descendants d'esclaves.

Fonds de solidarité

Visions/objectifs

Aider les Mauriciens descendants d'esclaves à :

- Recouvrer leur dignité bafouée et une identité

- Participer pleinement à toute action visant l'unité nationale et la construction de la Nation mauricienne

Missions

1.Éradiquer les séquelles de l'esclavage et les pratiques résiduelles chez les descendants d'esclaves, parmi lesquelles :

- La pauvreté et l'exclusion: les traces les plus visibles laissées par l'esclavage. Les remèdes apportés semblent inadéquats ou inadaptés. Tout laisse à penser que la lutte contre ces fléaux requiert encore plus d'imagination, de mobilisation et d'engagement.

- L'ignorance et le manque d'éducation :«Il fallait les tenir dans l'ignorance et ne pas éveiller leur intelligence pour la sûreté des colons.» Aujourd'hui, ils ne sont pas motivés pour les études.

- Les discriminations : (1)culturelles et religieuses ­ ils seraient les impurs,les mécréants, les infidèles(2) raciales - conséquences de lois prohibant toute relation sexuelle avec les esclaves et ordonnant aux colons à exercer les préjugés de couleur.

- Les mentalités dominantes et les complexes de supériorité : le pouvoir absolu dont les maîtres jouissaient sur leurs esclaves, y compris les femmes esclaves, ne pouvaient manquer de corrompre.

- Le «complexe esclavagiste» : identification négative (marron, sauvage, pion), les stigmates (noms sordides), mentalité de défaite et d'impuissance, complexe d'infériorité.

- Les troubles psychiques dont les symptômes, selon les psychiatres, peuvent prendre des visages innombrables: crimes de sang, viol, violences sexuelles, conduites d'autodestruction, addictions.

- L'alcoolisme ­ les esclaves affranchis s'enivraient copieusement de l'arack commercialisé du temps des Hollandais. Aujourd'hui le rhum, un alcool plus raffiné, remplace avantageusement l'arack !

2. Emmener les descendants des colons et des esclaves à se rencontrer pour faire ensemble un travail de deuil sur cette douloureuse et triste période de l'histoire. À ce propos, l'appel du Premier ministre, Navin Ramgoolam, au Prix Nobel Desmond Tutu pour la création d'une Truth & Justice Commission pourrait être un pas dans la bonne direction.

3. Solliciter les anciens colonisateurs, la France et l'Angleterre, qui ont bénéficié du système esclavagiste en vue d'obtenir un soutien financier, matériel, logistique pour la réalisation des projets identifiés dans le cadre de la réparation des séquelles de l'esclavage et la réhabilitation des descendants d'esclaves.

4. Chercher réparation auprès d'autres bénéficiaires du système esclavagiste, notamment le secteur privé (l'industrie sucrière en particulier), de l'État. Cette réparation pourrait se traduire par une donation de plusieurs parcelles de terre. Il leur serait demandé également de créer une banque de terre pour des projets futurs. Le tout pourrait être placé sous la responsabilité d'un Trust Fund.

5. Encourager l'Église à s'engager plus activement dans la lutte que mènent les descendants d'esclaves, chrétiens de surcroit, contre l'exclusion et la discrimination ­ les chrétiens sont moins de 2% dans la fonction publique, les corps para-étatiques, les municipalités et les autres secteurs publics, selon L'UC.

Actions et projets

1. Création d'un Comité National pour l'éradication des séquelles de l'esclavage qui assurerait les dispositions spécifiques en vue de la réalisation des projets et des programmes identifiés au préalable.

2. Réveil du Slavery Reparation Committee qu'avait créé l'ancien gouvernement de Navin Ramgoolam en 1998 qui, paraît-il, fut un mort-né !

3. Constitution d'un Observatoire national des égalités qui aurait pour mission de s'assurer de la collaboration réelle des administrations de l'État dans la lutte contre l'exclusion et la discrimination.

4. Création d'un Trust Fund réunissant, entre autres, éducateurs, prêtres, travailleurs sociaux, avocats, psychologues, médecins, économistes, informaticiens et comptables. Les membres seraient responsables des études de faisabilité, de la mise en route des projets et éventuellement de leurs gestions.

Conclusion

La «société du Savoir» vers laquelle évolue le monde devrait interpeller tous les partenaires sociaux à une réflexion sur la nécessité de développer à Maurice «une culture du Savoir POUR TOUS». Auparavant, Maurice doit réussir un autre pari : «la réussite scolaire POUR TOUS». Le taux d'échec avoisinant 40% aux examens de CPE, taux qui serait le double chez les plus défavorisés, est antinomique dans cette perspective. Quel gaspillage de notre potentiel humain ? Et pourtant le Savoir est le plus démocratique de toutes les sources du pouvoir dans la mesure où les plus pauvres et les plus faibles, les hommes et les femmes, peuvent l'acquérir. Il est extrêmement salutaire à l'homme et à la dignité humaine.

Portant les germes de l'innovation et de la créativité, sa valeur ajoutée à la société et aux entreprises est inestimable, pour peu que les «chefs» n'aient pas peur de la matière grise non conforme au moule ! Contrairement à la richesse, sa source est inépuisable! La gestion du Savoir requiert un autre savoir ! Maurice ne saurait être le show case du knowledge-based economy qu'elle ambitionne tant qu'elle ne gagnera pas la bataille du Savoir. Elle doit avant tout réussir la lutte actuelle contre toutes les formes résiduelles de l'esclavage qui jalonnent les voies du Savoir : la pauvreté, l'exclusion, le racisme, les discriminations, l'intolérance et les injustices.

Lindsay Descombes





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Education

Admission en Std I

La longue attente...

Il est six heures du matin. L'air est glacial. Devant le portail encore fermé de l'école Notre-Dame-de-Lourdes attendent deux parents venus admettre leurs enfants dans cette école de la RCEA. Or, ce n'est qu'à 9h30 que débutera l'exercice d'enregistrement.

Notre-Dame-de-Lourdes, Philippe Rivalland, Notre-Dame-de-Lorette, Bon Secours... Liste des écoles primaires catholiques qui, depuis plusieurs années, voient presque chaque matin, durant la période d'inscription pour l'admission en Std I, une foule de parents qui se postent au portail aux petites heures du matin est longue.

«Je viens ici pour réserver une place. Plus tard, je vais devoir aller prendre mon travail et c'est ma femme qui, après avoir envoyé les enfants à l'école, viendra me relayer ici», raconte un père de famille. Cet habitant de Mont-Roches a choisi d'inscrire son enfant à Notre-Dame-de-Lourdes pour «la qualité de l'éducation proposée».

«Ma femme a très envie que notre fils puisse intégrer cette école.»«Ma femme est passée dans le coin la veille et elle a vu une foule de gens qui attendait. On lui a alors dit qu'il fallait venir tôt le matin pour être certain d'avoir un ticket. Voilà pourquoi je suis là ce matin», poursuit-il.

Judith, mère de deux enfants dont l'aîné est en troisième à Notre-Dame-de-Lourdes, fait aussi le guet devant le portail de l'école. «Je suis debout depuis quatre heures du matin», raconte-t-elle. «Avant de venir ici, j'ai préparé le repas des enfants pour qu'ils puissent aller à l'école. Après avoir inscrit mon enfant ici, je dois aller prendre mon travail. Il n'est pas évident d'avoir un jour de congé.»

Judith ne jure que par l'éducation catholique. «Mon fils aîné n'avait pu trouver de place dans une école catholique. Il a donc été admis dans une école du gouvernement.

Je me suis coupée en quatre afin qu'il soit transféré.» Depuis que son fils est dans une école de la RCEA, Judith est beaucoup plus sereine. «Je vois la différence. L'approche des enseignants et du personnel est autre. L'attention accordée à l'enfant est autre. C'est aussi un vrai plaisir pour moi que de voir que mon fils a une éducation chrétienne. Il fait sa prière, chante des chants religieux, etc.» Il n'y avait donc pas de doute : le second doit aussi fréquenter une école catholique.

Jacques, planton, a la responsabilité d'ouvrir le portail de l'école chaque matin. Du coup, il est aussi le premier à accueillir ces parents qui sont déjà en poste avant même son arrivée sur son lieu de travail. «C'est chaque fois la même chose», raconte-t-il.

Avis que partagent quelques responsables d'écoles interrogés. «Bien souvent, quand nous arrivons, il y a une foule de personnes qui attend déjà», raconte une maîtresse d'école. Aussi, afin d'éviter toute attente inutile, vingt-cinq tickets sont distribués. C'est le nombre de dossiers traités par jour. Les autres parents sont invités à se présenter de nouveau le jour suivant. «Certains parents comprennent et s'en vont. D'autres préfèrent rester et tenter leur chance.»

«Il y a beaucoup de parents qui ne comprennent pas le principe des admissions», nous explique une ancienne maîtresse d'école. «Beaucoup croient que le fait d'arriver en premier augmente la chance que leur enfant ait une place dans l'école concernée.» Or, rien de plus faux. Il y a des critères qui régissent les admissions et le respect de la Catchment Area est en tête de liste.

«D'autres, poursuit l'ancienne maîtresse d'école, font face à des contraintes professionnelles. Il n'est pas facile de nous libérer deux jours de suite pour les besoins de l'admission. Donc, certains préfèrent venir tôt afin d'être certains d'être parmi les premiers à passer.»

Un fait demeure : les écoles primaires catholiques reçoivent généralement trois fois plus de demandes que de places disponibles.

Martine Théodore





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Education

Alain Doulub, secrétaire de la RCEA

«Les personnes sont-elles à la recherche d'une école catholique ou d'une école qui donne de bons résultats ?»


Alain Doolub.

Les écoles catholiques sont toujours très demandées. La preuve ? Les longues queues qui se forment dès le petit matin pour les inscriptions. Le point avec la secrétaire de la RCEA, Alain Doulub.

Etes-vous au courant qu'il y a foule très tôt le matin devant certaines écoles catholiques pour l'inscription en Std I pour l'année prochaine ?

Tout à fait. Ce n'est pas nouveau. Parmi les personnes qui viennent tôt, il y a ceux qui sont dans la Catchment Area et qui sont donc certains d'avoir une place ; et ceux qui viennent tenter leur chance. Nous avons aussi des personnes qui, face à des contraintes professionnelles, sont obligées de se présenter tôt de sorte à avoir leur journée. Le problème c'est que tout ce beau monde se présente en même temps et que nous ne pouvons faire le tri.

Nous avons toutefois remarqué que les Head Teachers peuvent traiter, en moyenne, 25 dossiers par jour. Nous distribuons donc 25 cartes chaque jour. Ces personnes sont certaines de voir leur cas traité. Les autres sont invitées à repasser le lendemain, tout en leur donnant l'assurance qu'elles seront parmi les premiers reçus. Ceux qui le désirent peuvent aussi bien attendre, mais sans aucune garantie d'être reçus.

Toutes nos écoles ne sont pas submergées de parents, mais cet engouement concerne particulièrement les établissements très prisés comme Notre-Dame-de-Lorette, Philippe Rivalland, Notre-Dame-de-Lourdes, N.-Dame-des-Victoires et La Visitation

Comme nous avons énormément de demandes pour ces écoles et que nous n'arrivons pas à satisfaire tout le monde, il y a inévitablement des déçus.

Quels sont les critères appliqués ?

Nous appliquons le critère du ministère de l'Éducation, à savoir la Catchment Area. Les places restantes sont offertes selon d'autres critères établis par le BEC. Ainsi, des places sont offertes aux enfants du personnel de l'école, aux enfants du personnel du BEC et à des cas recommandés par des reliable persons. Ce sont les hardship cases, c'est-à-dire des cas particuliers. Des familles en difficulté, par exemple. Il faut dire que, là encore, nous avons toujours des personnes qui, au bout du compte, sont insatisfaites et frustrées.

Qu'en est-il des pressions et des fausses factures ?

Il y a des gens qui viennent avec des recommandations de politiciens et autres. Il y a d'autres qui trichent. Certains présentent de fausses factures, d'autres louent une maison dans la Catchment Area temporairement, mais n'y habitent pas ; d'autres ayant le même patronyme qu'un membre de leur famille habitant la localité font admettre l'enfant en faisant croire que c'est leur adresse,... Nous avons même des personnes qui vont jusqu'à jurer de faux affidavits.

Quelles sont les sanctions préconisées dans de tels cas ?

Quand nous sommes certains que le dossier a été faussé, on fait comprendre aux parents que l'enfant ne sera pas admis. Certains parents réagissent bien et comprennent. D'autres deviennent alors agressifs verbalement. Nous restons fermes. Tricher est le meilleur moyen de se voir refuser une place. Il faut toutefois dire qu'il y a aussi des parents qui font preuve d'honnêteté et qui disent, dès le départ, que l'enfant n'est pas dans la Catchment Area.

Peut-on dire que l'éducation catholique a la cote ?

C'est une question que je me pose. Si on se base sur l'affluence qu'il y a pendant la période des inscriptions, on peut dire que oui. Mais qu'est-ce qui pousse les gens à venir vers ces écoles ? La grosse majorité des gens sont satisfaites de l'éducation générale qu'on donne. D'autres n'aiment pas l'école qui se trouve dans leur localité.

Mais s'il y a une école réputée dans les environs de leur lieu de résidence, est-ce qu'ils viendraient toujours vers nous ? Les personnes sont-elles à la recherche d'une école catholique ou d'une école qui donne de bons résultats ? Souvent, les personnes cherchent des écoles qui ont la cote. Même parmi les écoles catholiques, il y a une hiérarchie. Certains parents vont préférer que leurs enfants fréquentent telle école catholique au lieu d'une autre, alors que la spécificité est la même.

Martine Théodore

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Education

Loreto College Bambous-Virieux

La musique pour une bonne cause

Pour célébrer la Journée de la musique, le collège Lorette de Bambous-Virieux a choisi comme thème «Zéro drogue, HIV/Sida et zéro alcool.» Tous les chants, témoignages et sketches ont traité du combat contre ces fléaux chez les jeunes. Une initiative très appréciée par les parents présents lors de cette journée.

Cette activité a été préparée par le personnel de l'établissement, le Student Council, les élèves et a bénéficié de la collaboration du Centre de solidarité et de Pils. Ont également participé à cette activité : les élèves de l'école primaire de Ste-Cécile-RCA et du collège Lorette de Mahèbourg.

«C'est la première fois que nous célébrons la Fête de la musique dans ce nouvel établissement. La direction, le personnel, les membres de la PTA et les élèves se sont donnés à fond pour que cette journée soit une réussite. Merci à tous ceux qui ont contribué au succès de cette fête de la musique», a souligné la rectrice, Chantal Dijacques. Rappelons que le collège Lorette de Bambous-Virieux est le premier établissement Lorette à accueillir des filles et des garçons. Il accueille les élèves du minstream (F I-V) et des élèves du pré-vocationnel (F I-III).

Sylvio Sundanum

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Portrait

Olivier Saint-Paul

La force tranquille au service des autres


Olivier Saint-Paul.

Infirmier de formation, Olivier Saint-Paul exerce comme infirmier éducateur pour la prévention du VIH/sida et des infections sexuellement transmissibles (IST). Aimant la proximité avec les gens, il y a trouvé sa vocation et accomplit son travail avec passion. Cet engagement profond au service des autres découlerait, selon lui, de l'encadrement familial qu'il a eu. Marié, il reçoit aussi l'encouragement de sa femme, Patricia, qui le soutient et le motive.

Aîné d'une famille de trois enfants, c'est inspiré par des modèles d'engagement autour de lui qu'Olivier commence à donner de son temps aux autres. Engagé dans un premier temps, alors qu'il n'avait que 8 ans, dans la commission liturgique de la paroisse de Ste-Croix, il a par la suite intégré divers autres services paroissiaux pendant son adolescence. Le fait de changer de paroisse plusieurs fois n'a rien entamé de son ardeur de se mettre au service des autres. D'un naturel très ouvert, il n'a pas eu de mal à s'adapter aux différentes situations qui se sont présentées à lui.

Vocation

Fort de cet amour pour les autres, il a pensé à l'enseignement, mais c'est être infirmier qu'il choisit lorsqu'un appel à candidatures s'est présenté à lui. «Quand j'ai fait ma formation, j'ai senti comme un appel. J'ai senti que ma place était là, ce métier m'offrant plus de contact avec les gens. Je me sens bien dans ma peau, dans ce que je fais.» Avec courage, amour et patience, il a accompagné des mourants en salle de radiothérapie pour les cancéreux, des patients ayant subi une amputation due à des complications liées au diabète et ceux dans le coma suite à une thrombose cérébrale.

C'est en donnant que l'on reçoit, dit-on, et ce n'est pas Olivier qui avancera le contraire. «En partageant une tranche de leur vie, j'ai retiré une grande joie en les aidant à mieux s'en tirer, en leur apportant un peu de réconfort par un sourire, des mots et des gestes simples.» Pour lui, il est primordial de savoir saisir les opportunités et tirer profit des expériences, sentir ce que l'on peut apporter de plus dans sa vie et la vie des autres et apporter sa contribution là où on en a le plus besoin. Voir l'émotion des patients qui se remettent debout petit à petit est une grande joie pour lui. Il sent alors qu'il a accompli avec brio sa mission.

Dévouement

Attaché à la AIDS Unit du ministère de la Santé, il a parcouru toute l'île et visité les différents quartiers et région du pays. Il a appris à connaître la misère et la souffrance des gens, particulièrement ceux des jeunes du Rehabilitation Youth Centre (RYC) et du Correctional Youth Centre (CYC).

De ces rencontres, il a appris une chose : «J'ai senti qu'il y avait un besoin de mieux informer et responsabiliser la population.» Ce travail plus terre à terre avec les différentes composantes de la communauté lui a permis de mieux cerner les problèmes réels des gens dans une société dite moderne.

Sur son chemin, il a croisé des mères-célibataires rejetées par leurs parents ou leurs petits copains ayant refusé d'assumer leurs responsabilités, des toxicomanes, des enfants de rue, des sniffeurs de colle, des prostituées... Mais, pas un moment a-t-il voulu abandonner son travail. Bien au contraire, il a voulu les aider à s'en sortir. «Quand les patients font appel à moi, je sens qu'ils me font confiance. Ceci n'est pas acquis entre tout patient et son soignant.»

Bien que la situation sur le terrain soit dure, Olivier Saint-Paul ne désarme pas un seul instant. Il considère que c'est le fait d'avoir eu très tôt le désir de travailler avec les autres et les encouragements qu'il a eus de ses parents, et aujourd'hui de son épouse, qui le motivent chaque jour. «Pour qu'un jeune puisse prendre un engagement à long terme, l'encouragement des proches est essentiel. Grâce à mes parents et grands-parents, j'ai été imprégné de cet amour du prochain. Cela est resté et il est inconcevable pour moi aujourd'hui de res lebra krwaze». Il est d'avis que «l'engagement se vit aussi en couple et que c'est à travers son rayonnement qu'on peut interpeller les autres». Enseignante, sa femme est aussi engagée dans le social.

Charisme

Olivier considère également la famille comme le noyau de la société où naissent les vocations. «La famille est le moule qui va forger la personnalité et le charisme d'un futur volontaire. Si la famille elle-même n'est pas imprégnée d'une culture de service, d'amour, de solidarité et de dévotion envers les autres, cela laisse la place à l'égocentrisme», lâche-t-il.

Pour lui, son engagement a été un cheminement pour mieux apprendre à se connaître et découvrir son potentiel. Grâce à cela, il a pu s'affirmer et apporter sa contribution là où le besoin se faisait sentir. Cela lui a inculqué des valeurs comme la discipline, le savoir-vivre et avoir un bon code de conduite qui l'aident à vivre pleinement et sainement sa vie. Il a aussi acquis le sens du leadership. «Je pense que c'est ce qu'on appelle mettre tout en œuvre pour réussir sa vie», dit-il simplement. Membre de différentes organisations, il a exercé diverses fonctions : secrétaire, responsable de la communication, vice-président... Olivier Saint-Paul a également été membre du Leo Club de Port-Louis.

C'est ainsi qu'Olivier n'a pas le sentiment d'avoir perdu son temps durant les sept années où il a exercé son métier et le temps qu'il a consacré au travail social. «Cela a raffermi ma foi dans l'humanité. J'ai le sentiment que chaque être humain, chaque individu a une mission propre et qu'il peut faire quelque chose de bien pour sa famille, son quartier et la société. Mon travail m'a permis de voir que chaque personne, malgré ses défauts, malgré ses erreurs passées, a une part de bonté en elle.» Reprenant la devise de l'ONG Saphire, il ajoute que «chaque personne est une pierre précieuse qui reste à être découverte».

Jean-Marie St-Cyr





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29 juin au 05 juillet 2007